Des archives de la V.T.

Des archives de la V.T.

Extrait d’une émission de Radio Courtoisie. Entretien avec Pierre Guillaume :
« – Vous avez eu des contacts avec Roger Garaudy ces derniers temps ? Comment ressent-il le hourvari médiatique au centre duquel il s’est placé ?
– Personnellement, pour moi, la personnalité de Garaudy a été une découverte, parce que, pour moi, le seul fait qu’il était – qu’il ait été membre du Parti communiste… et d’ailleurs la première fois que je me suis fait casser la figure par les membres d’un service d’ordre d’un parti, c’était à la Mutualité à une réunion du Parti communiste où Garaudy officiait.
Et je ne m’étais même jamais posé la question – j’aurais jamais eu l’idée de lire un seul livre de Garaudy du seul fait qu’il était responsable du Parti communiste, mais il est venu chez moi, il m’a demandé de la documentation, il est revenu, il m’a posé des questions et j’ai découvert une personnalité et j’ai – en lisant ses – depuis – certains de ses textes j’ai découvert que – beaucoup plus de cohérence dans son comportement que je ne m’imaginais au départ. Mais – et j’ai, en plus, découvert dans l’action un homme pour qui j’ai un profond respect personnel. Bien sûr, nous n’avons pas pu discuter de tout. J’ai pu lui rappeler quelques opérations que j’avais menées contre le Parti communiste français, en particulier la mise à sac du musée Lénine à une certaine époque. Il m’a dit : « Ah, ben c’est moi qui l’avait inauguré ! » En dehors de ces souvenirs je ne lui ai pas encore tout raconté et de même qu’il m’a raconté certaines réunions à Moscou avec des officiels, etc… Il n’a pas eu le temps de tout me raconter et je n’ai pas eu le temps de tout lui raconter. Mais en tout cas j’ai découvert une personnalité et dans l’adversité un homme remarquable. A 83 ans, je suis impressionné et d’ailleurs peut-être parce que, il y a deux ans, j’ai été très fatigué, j’ai été très fatigué et, le traitement qu’on fait subir à l’abbé Pierre et quand on voit ce que ça peut être quand on est dans le feu des médiats, le harcèlement ce que ça peut représenter, j’ai énormément d’admiration pour des hommes comme ça, capables de faire face à l’âge qu’ils ont. (…) Un point de détail mais qui n’en est pas un : nous sommes actuellement tellement débordés par les commandes que je demande aux gens d’envoyer uniquement 100 francs avec leur adresse -ça nous permet, euh, un chèque – ça nous permet de satisfaire automatiquement. Et de ne pas trop écrire en ce moment parce que nous ne pouvons pas traiter le courrier complexe. (…) Énormément de choses jouent et l’un des éléments c’est – et ça a certainement joué un rôle dans la réflexion de Roger Garaudy – c’est les conséquences de cette impossibilité de critiquer l’État d’Israël sur la situation mondiale et sur la situation en Palestine. Mais une quantité de choses ont joué et aussi la diffusion qui est maintenant, je crois, considérable des thèses révisionnistes dans le public. (…) On peut le trouver dans toutes les librairies, il suffit de demander au libraire de le commander… (…) Et en la circonstance le numéro 2 de La Vieille Taupe a fait l’objet – enfin Roger Garaudy et moi-même avons fait l’objet d’une inculpation qui est à l’instruction. Le numéro 2 de La Vieille Taupe n’est pas interdit mais il est épuisé, mais l’édition par Roger Garaudy lui-même est actuellement disponible. Tous les libraires peuvent le commander et vous devez demander à votre libraire de vous le fournir et si c’est impossible et c’est-à-dire si un certain nombre de personnes s’arrogent le droit de censurer vos lectures et si vous l’acceptez, vous pouvez de toute façon aller à la librairie rue Malebranche, mais également à la librairie du Monde Arabe 220, rue Saint Jacques, à la librairie Alphabeta, rue Claude Bernard et je peux donner comme ça un grand nombre de librairies… »
Lettre ouverte à un jeune vieux “révolutionnaire”
Le 22 décembre 2010
À Serge Quadruppanni,
Tu fais sur ton blog, l’éloge du livre que François à écrit: D’Alger à mai 68, mes années de révolution en mettant en titre : «Mon ami François Cerutti», et où dis-tu, «il parle de la Vieille Taupe». Je n’ai pas lu ce livre.
(j’ai adopté le ton familier car, si ma mémoire est encore bonne, j’avais entendu parler de toi comme du neveu de René Lefeuvre: Quadruppani, qui fréquentait la librairie.)
On s’est peut-être croisé à l’époque, mais jamais rencontré.
Tu évoques ces années-là … et ce qui me conduit à réagir ici, c’est que tu ne peux pas encore t’empêcher, une fois de plus, dans cet éloge, de salir Pierre Guillaume, pour ses «nauséabondes entreprises négationnistes».
Moi, j’ai fait et je fais toujours partie de cette «nauséabonde entreprise» exactement de la même manière et dans le même état d’esprit que j’ai fait partie du petit groupe qui se trouvait à la VT de l’époque de mai 68. Je n’ai donc jamais fait de différence entre la VT d’il y a 40 ans et celle de maintenant et je n’ai aucune raison de la dissocier en VT 1 (non-révisionniste) et VT 2 (révisionniste).
La Vielle Taupe a toujours été révisionniste.
En Mai 68 son révisionnisme gênait surtout les partis «ouvriers» constitués et les idées reçues de leurs militants, car elle révélait leurs mensonges et la réelle histoire du mouvement ouvrier.
Tout ce petit monde étant déjà en voie de disparition, et on ne prenait alors pas trop de risques de s’affronter à ce qui leur restait de pouvoir.
Ce fut une autre paire de manches quand la Vieille Taupe s’attaqua aux mensonges produits par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale et des parties essentielles de son histoire et de sa mythologie. Là, justement, elle s’affrontait à un nouveau pouvoir et à un nouveau monde naissant. Cela impliquait pour des individus comme toi, fréquentant la VT, de prendre des risques de foutre sa vie en l’air et de ne pas faire carrière. Ça on peut parfaitement le comprendre. Mais dans ces cas-là il faut avoir la décence de se taire et foutre la paix à ceux qui ont cette audace, ne pas en rajouter des louches à tous moments sur les méchants négationnistes, comme pour se dédouaner de les avoir fréquentés. C’est certainement bien reçu dans l’air du temps et bon pour avoir une bonne image de pisse-copie radical et d’écrivaillon, mais c’est aussi là que l’on perd de l’honneur et qu’on devient ridicule.
Si tu n’a pas compris ça aujourd’hui, c’est que tu ne l’avais pas d’avantage compris il y a 40 ans. Ou alors…?
Hélas les pérégrinations des pingouins sur la banquise resteront inoubliables même si, comme on dit, elles sont déjà dans la poubelle de l’histoire.
Mais revenons un peu sur le passé
Je travaillais chez Bernard-Moteurs à St Ouen. J’avais 25 ans. Puis vint Mai 68. Dans mon usine, aucune rencontre entre ouvriers sous forme de comité d’action, comme dépassement de la mainmise syndicale sur les émotions ne s’était faite. Les syndicats gardaient parfaitement bien la «boîte». Je me sentais seul, mais quelque chose me poussait au cul.
Je me suis donc retrouvé seulâtre dans la cour de la Sorbonne à écouter les discussions et participer aux différentes manifs, dont celle, mémorable, devant les usines Renault.
Ce n’est que quelque temps plus tard, au mois d’août 68, en vacances en Yougoslavie, que j’ai rencontré deux gars du comité d’action de Sud-aviation, participants d’un certain comité Inter-entreprises à Paris.
J’ai participé à ce comité Inter-entreprises. Sur la fin, c’est-à-dire en septembre 1968, je ne l’ai hélas jamais connu à Censier.
Il s’était déplacé pour d’ultimes réunions près du bd St Germain.
Pour l’anecdote et l’ironie de l’Histoire, la salle de réunion était mitoyenne de celle du nouveau parti socialiste naissant, fondé par Mitterrand. Le tout petit embryon de «Conseil ouvrier» croisait sur le même palier le futur gouvernement socialiste des années 80. Pour eux c’était le début, pour nous la fin…
C’est à ce moment-là que J’ai rencontré Pierre Guillaume, Jean-Pierre Carasso, parmi les individualités les plus marquantes.
J’ignorais encore alors qu’il y avait eu par le passé des Conseils ouvriers dans les usines et donc le livre de Pannekoek (que je n’ai d’ailleurs jamais lu).
Pour moi, en mai 68, le peu de subversion pratique réelle qu’il y a pu avoir l’aura été par l’existence de ce CE, embryon mort-né d’hypothétiques Conseils ouvriers, c’est l’une des choses (pour moi) que mai 68 aura dégagé, avec aussi, pour les persévérants, la connaissance, par la VT, de l’existence et de l’histoire d’un mouvement ouvrier autre que celui présenté et représenté par le P”C”F.
J’ai ensuite fréquenté régulièrement et traîné à la librairie la Vieille Taupe et j’ai fait partie de ces persévérants pendant quelques années, jusqu’à sa fermeture, fin 1972 je crois. Et j’ai participé à quelques-unes de ses activités quand c’était nécessaire.
La permanence était tenue le plus souvent, il me semble, par François Martin (alias François Cerutti) et par Maurice Di Scuillo.
Je ne me suis jamais considéré comme révolutionnaire. Je l’étais peut-être, mais alors sans le savoir en mai 68. Puis dans les activités que j’ai eues avec certains de la mouvance de la VT. J’ai toujours trouvé de mauvais ton de se proclamer soi-même «révolutionnaire» surtout lorsque l’on a appris, au contact de la VT, comme toi apparemment, beaucoup de choses sur la réalité du vieux mouvement ouvrier et sur les mouvements révolutionnaires du passé. Pourquoi afficher une radicalité où l’on savait confusément qu’elle aurait pu être réellement intenable dans des situations devenant sérieuses et qui nous dépassent.
On risque évidemment à défaut de devenir «ultra-gauche pantouflard» de devenir aussi donneur de leçons de révolutions et d’en vivre (ce qui me parait complètement aberrant). J’ai lu sur le site toutsaufsarkosy ta «lettre à un jeune révolutionnaire». Mais au lieu de donner des conseils à un jeune, que fais-tu, toi?
Aujourd’hui ceux qui pourraient sans honte et avec fierté avoir la prétention, et ils ne l’ont jamais eue, de se définir comme «révolutionnaires», ce sont les révisionnistes publics dits «négationnistes» qu’ils soient de l’ultra-gauche ou d’extrême droite.
(Est-ce que tu peux le comprendre enfin maintenant? Ça va venir, il faut l’espérer.)
Mais ce sont ceux-là qui ont affronté les situations sérieuses avec une grande maîtrise, et qu’un jeune vieux révolutionnaire proclamé comme toi, donneur de leçons, semble incapable d’imaginer. Il est à parier que si des Conseils ouvriers se reforment avec ampleur (on peut encore rêver), tout ce petit monde de petits radicaux prétentieux prendraient peur et iraient vite se cacher, d’ailleurs ça n’en serait que mieux.
Mais en attendant (à défaut d’être devenu «ultra-gauche pantouflard») on se rassure, on est content de montrer aux autres sa radicalité. On se fait plaisir, car évidemment il est encore toujours, encore, et toujours. encore, de bon ton de traiter les révisionnistes comme des monstres, surtout antisémites, ça ne mange pas de pain.
Mais les modes, c’est bien connu, ne durent pas…
Maintenant, il semblerait, que certains s’approchent pour adhérer au club, alors que le travail a été fait et terminé et que les risques et les ennuis se soient bien estompés.
C’est sûr, il arrivera un jour où le révisionnisme n’effarouchera plus les étourneaux.
Serge Quadruppani, depuis le temps, ce que tu écris n’est pas intéressant pour moi, tu ne m’apprends rien, tu peux, tant que tu veux si ça te fait plaisir, ramener ta radicalité de néo-gauchiste soixante-huitard en donnant tes conseils au «jeune révolutionnaire Karl» et à toutes autres sauces à tout bout de champ et de t’en faire une éthique de vie, mais tu devrais éviter de salir à tous propos ceux qui ont été et sont encore capable d’avoir l’audace de prendre ces risques.
Ça commence à bien faire!
Je me répète encore: je reste toujours, aujourd’hui, fin 2010, faisant partie de ceux qui ont été désigné par feu Pierre Vidal-Naquet comme «la petite bande abjecte qui a donné son soutien à Pierre Guillaume et à Robert Faurisson»
Ils ont toujours mon soutien, bien que je sois devenu moi aussi un «ultra-gauche pantouflard».
Comme la Vieille Taupe, de bout en bout, j’ai toujours été révisionniste.
Daniel Louis
P.S.; Mais un «détail» m’intrigue. Depuis 1969 et jusqu’en 1972 en tout cas, la Vieille Taupe faisait activement circuler le Mensonge d’Ulysse, de Paul Rassinier puis les autres livres de Rassinier. Tout le monde avait été secoué, mais tout le monde avait été convaincu, dont Maurice Di Scuillo, Jean-Pierre Carasso, Denis Authier, François Cerutti, Françis Berbel, Gilles Dauvé et bien d’autres du réseau. Ce n’était pas le genre de cacher ses convictions sur ce sujet ni sur aucun autre. Comment as-tu fait pour ne pas t’en apercevoir?
Et si tu t’en es aperçu, pourquoi n’as-tu jamais opposé le moindre argument contraire pendant 10 ans pour détromper tes amis? Et pourquoi as-tu attendu si longtemps pour affirmer tes propres convictions? et sous la forme d’une dénonciation?
Et pourquoi n’as-tu jamais commenté la publication par René Lefeuvre, en 1984, avec une préface de P.G., les Réponses inédites à mes détracteurs parisiens, de Noam Chomsky?
Pourquoi?
Copie à Pierre Guillaume.
A tentative English translation:
An Open Letter to a young old “revolutionary”
22 December 2010
To Serge Quadruppanni,
You praise on you blog, under the title “My friend François Cerutti” a book written by François : From Algiers to May 68, my revolutionary years in which, as you say, “he speaks about La Vieille Taupe”. I didn’t read this book.
(I write in a chummy manner because, if I remember well, I had heard about you as the nephew of René Lefeuvre, Quadruppanni, a regular at the bookstore.)
We must have seen each other at the time, but we never met.
You write about those years and what stirs my reaction is that once again, in the middle of your eulogy, you can’t refrain from spitting on Pierre Guillaume’s “stinky negationist ventures”.
I, for one, have always been part of this “stinky venture” in the same manner and in the same spirit as I had shared with the small group that was around La Vieille Taupe at the time of May 68. Thus I never made any difference between the VT of 40 years back and that of today and I have no reason to differenciate between VT 1 (non-revisionist) and VT 2 (revisionist).
La Vieille Taupe has always been revisionist.
Its 1968 style of revisionism would mainly disturb the established “workers” parties and the received ideas of their militants as it would both uncover their lies and bring out the true story of the workers’movement.
This small world was already on the verge of collapsing so we would not take too many chances by confronting was was left of their power.
It was a different story and quite a tougher business when the Vieille Taupe took up to the lies produced by the victors of Second World War and challenged some essential points in this history and mythology. There, VT began really confronting a new power and a new world in the making. It would mean – for persons hanging around the VT like you – facing the risks of throwing your life to the dogs and be barred from any kind of carreer. That [you would think twice before joining] is perfectly understandable. But then be decent enough to shut up and let alone those who have the guts, refrain from keeping slandering the evil negationists – as if an excuse to the infamy of once having been their comrade. It certainly suits well the spirit of the time and helps building the cute image of a radical hackette or scribbler, but that’s just where you loose your honour and become ridiculous.
If you have not understood that much today you couldn’t have understood any better 40 years ago… Or else?
Alas! Peregrinations of penguins on the ice pack will remain unforgettable even though they already belong, as it goes, to the trash bins of history.
But let’s look back onto the past.
I was working at Bernard-Moteurs in St-Ouen. I was 25. Then came May 68. Among workers in my factory, no meeting taking the shape of action comitee – as an abolition [dépassement] of the unions’ grip on emotions – had been achieved. Unions were perfectly well guarding the plant. I felt lonely but something was busting my balls.
So I ended up alone in the yard of La Sorbonne, listening to discussions and joining various demonstrations, not the least memorable that in front of the Renault factories.
It was only some times later, during August 68 holidays in Yugoslavia that I met two guys from Sud Aviation’s action comitee who were involved in an Inter-entreprises comitee in Paris.
I joined this Inter-entreprises comitee at its final stage in septembre 1968. I unfortunately didn’t know it in Censier.
It had then been moved for its ultimate meetings near boulevard Saint-Germain.
As an anecdote and for the irony of History, the meeting room was just next to that of the new born Socialist Party founded by Mitterand. The tiny embryo of a “Workers’ Council” would meet on the treshhold members of the future socialist government of the eighties. For them, it was the beginning; for us the end…
It was then that I met Pierre Guillaume, Jean-Pierre Carasso, amongst the most striking characters.
I was still unaware that there had been in the past workers’ councils in factories. I didn’t know about Pannekoek’s book (by the way, I never read it since).
For me, in May 68, the little practical and real subversion which happened lied in the existence of this CIE, a stillborn embryo of hypothetical Workers’councils. It is (for me) one of the things that May 68 brought out, together with, for those persevering, the knowledge – through VT – of the existence and history of a workers’ movement different from the one presented and represented by P “C” F.
Later I regularly visited and hanged around at La Vieille Taupe bookstore and was one of those regulars that stayed several years, until it closed in late 72, I believe. And I took part in its activities when necessary.
The store was most of the time attended, as I remember, by François Martin (aka François Cerutti) and Maurice Di Scuillo.
I never thought of myself as a revolutionary. May be I was, unknowingly in May 68 and later in the activities I shared with some in the trail of VT. I always found it bad manners that one could brand himself a “revolutionary” and all the more when he would have learned, under the influence of VT – as you did apparently – many things about the reality of the old workers’ movement and the revolutionary movements of the past. Why show off as a radical when you knew the pose would be unsustainable when situations would become serious and way over our heads.
Else, you take the chance of becoming a kind of “cocooning ultra-gauche” and ending up as well as a revolution lesson giver, making a living out of it (which appears to me as ludicrous). I read on a website your “letter to a young revolutionary”. But instead of giving advises around, what are you doing?
Today, those who could proudly and without shame pretend – which they never did – to define themselves as “revolutionaries” are publicly known revisionists – or “negationists” as they are known – whether they come from ultr-left or far-right.
Those did confront serious situations with a great mastery although a young old revolutionary lesson giver like you seems unable to conceive it. Let’s bet that if ever Workers’ councils took shape on a large scale (dream is still allowed), this little clique of petty pretencious radicals would get scared and run to hide. It would be all for the better, by the way.
But in the meantime (for lack of being yet “cocooning ultra-left”) you may reassure yourself and find some pleasure showing off to others your own radicalism. Enjoying yourself you can, of course, when it is again, always, again and always again, quite fashionable to treat at no cost revisionists as monsters – and then antisemites.
But, and it’s no news, fashions don’t last…
Now it would seem that some are approaching to join the club, when the work is done and over and the risks and troubles are disappearing.
One day, for sure, revisionism won’t anymore scare the crows.
Since long, Serge Quadruppani, I’ve not been interested in your writings, I learn nothing from you. You may – as much as you want if it suits you – show off the radicalism of a neo-leftist from good old ’68 that you are, and give advices to “Karl, the young revolutionary” in all kind of manners, forever and ever. Make out of this a life’s ethic but avoid throwing mud out of reason against all those that have been and still are capable of daring and taking those risks.
Enough is enough!
Shall I repeat it : I remain, today, in the end of 2010, as one of those who were slandered by the late Pierre Vidal-Naquet as “the abject little party that gave its support to Pierre Guillaume and Robert Faurisson”.
They have all my support, although I became as well a “cocooning ultra-left”.
Along with the Vieille Taupe, from the beginning to the end, I have been and remain a revisionist.
Daniel Louis
P.S. A “detail” keeps bothering me. Since 1969 et at least until 1972, La Vieille Taupe was actively circulating Paul Rassinier’s Mensonge d’Ulysse as well as his other books. Everyone had been shaken, but all were convinced, including Maurice Di Scuillo, Jean-Pierre Carasso, Denis Authier, François Cerutti, Francis Berbel, Gilles Dauvé and many more in the network. It was not the habit then to hide your convictions whether on this subject or any others. How did you mannage not to notice it?
And if you did notice, how comes for 10 years you never raised the slightest counter-argument in order to disabuse your friends? And why did you wait that long to assert your own convictions? Why again did it have to take the form of a denounciation?
How comes you never commented the 1984 publication by René Lefeuvre with a foreword by Pierre Guillaume of Noam Chomsky’s “Réponses inédites à mes détracteurs parisiens”?
Why?
Copy to Pierre Guillaume
daniel.louis4@orange.fr
Lettre ouverte à un jeune vieux «révolutionnaire»
LA VIEILLE TAUPE
Affiché initialement par Pierre Guillaume à cette adresse, disparue depuis:
http://aaargh.com.mx/fran/archVT/vt10/vt101222.html
Un jour que je dînais chez Debord, celui-ci me dit “Ce Baynac est un arriviste”. Je lui répondis “Mais ne sommes nous pas des arrivistes ? — Certes, me dit-il, mais nous n’avons ni les mêmes buts ni les mêmes moyens”. En ce qui le concerne, on a vu que si.
Jean-Pierre Voyer (1938 -2019) https://leuven.pagesperso-orange.fr/4068.htm
Jacques Baynac, extraits de son livre Mai retrouvé, Robert Laffont, 1978 concernant Pierre Guillaume :
4 mai 1968 « Rue Cujas, un autre membre de la F.E.R. [Fédération des Étudiants Révolutionnaires], fils d’un des principaux responsables de l’O.C.I., empêchait carrément Pierre Guillaume, arrivé à la rescousse, de dresser un barricade qui aurait bloqué les cars de police chargés des militants arrêtés. » (p.34)
6 mai « Afin de ne rien manquer, Pierre Guillaume et moi assistons à la sortie de Dany et de ses amis qui se dirigent vers le S.N.E.Sup. En chemin quelqu’un remarque deux individus vêtus d’imperméables mastic. ‘Attention, des fafs !’ Ce sont en réalité deux jeunes sympathisants de la revue de Boris Souvarine, Le Contrat social. Nous les connaissons bien. Ils sont clients de la Vieille Taupe, la librairie de Pierre Guillaume. Nous rassurons tout ce petit monde qui, décidément, ne nous paraît pas bien sérieux.
‘Ce qui m’étonne le plus, dit Pierre Guillaume, c’est la façon dont quelques individus peuvent par leur comportement défier l’État. C’est disproportionné. Il y a quelque chose qui ne colle pas.’
A 15 heures, il a compris. L’acharnement des bagarres en cours place Maubert le convainc que ses doutes pèsent peu en regard de l’action engagée. » (p.48)
Au sujet des C.R.S. « Pourtant tous ne sont pas des brutes. Pierre Guillaume est pris dans une contre-attaque. L’un de ses pieds est coincé sous une grille d’arbre. Un C.R.S. arrive, la crosse de fusil prête à s’abattre. Mais il n’achève pas son geste, quoique des deux côtés de la rue parte une volée de pavés lancés par des amis. » (p.52)
« Avant cela, à la hauteur de la statue de Diderot, le petit groupe de Jean Lancelot s’en donne à cœur joie. Ses arrières sont assurés puisque Pierre Guillaume est parti organiser une barricade devant le café de Flore afin qu’une mauvaise surprise n’arrive pas par là. » (p.53)
9 mai? « A ce mot, comme par hasard, mon regard tombe sur Aragon. Pierre Guillaume et François Cerutti sont à mes côtés. Aragon, c’est notre tête de turc. Depuis des années. Aux obsèques d’André Breton, nous avons distribué un faire-part de deuil portant ces mots :
André Breton est mort.
Aragon est vivant.
C’est un double malheur
pour la pensée honnête.
L’accueil des bonzes du surréalisme ne fut pas à la hauteur de leur passé. Seuls, des anarchistes apprécièrent l’honorable geste et Le Monde libertaire fit sa « une » de notre carte. Quelques mois plus tard, l’homme qu’Elsa Triolet avait dû « violer » signait dans une librairie du P.C. Une édition prétendue complète de son œuvre poétique. La « Vieille Taupe » au grand complet se glissa dans la file des amateurs de dédicaces. Le tour de Pierre Guillaume arriva. Sous le nez du poète il mit un exemplaire d’un poème malheureusement oublié dans le volume :
« Je chante le Guépéou qui se forme
en France à l’heure qu’il est
Je chante le Guépéou nécessaire de France
Je chante les Guépéou de nulle part et de partout
Demandez un Guépéou pour préparer la fin du monde
……
Demandez un Guépéou
Il vous faut un Guépéou
Vive le Guépéou figure dialectique de l’héroïsme
qu’on peut opposer à cette image imbécile des aviateurs
tenus par les imbéciles pour des héros quand ils se foutent la gueule par terre
Vive le Guépéou véritable image de la grandeur matérialiste
Vive le Guépéou contre dieu, Chiappe et la « Marseillaise »
………………………………………………………………………………….. »
Aragon ne goûta pas notre louable souci de sauvegarder ce chef-d’œuvre de l’oubli. » (pp.70-71)
12 mai au soir, Censier « D’ailleurs des renforts nous arrivent. Des inconnus et aussi Pierre Guillaume, retour de Sorbonne, écœuré par la démagogie ouvriériste qu’y font régner les militants déboussolés par l’atomisation des groupuscules. » (p.118)
« Le 21 mai à 20 heures, près de quatre cent personnes s’entassent dans une salle enfumée et trop petite. La plupart des auditeurs sont membres de C.A. D’entreprises ou de quartiers auxquels ils rendront, en principe, compte. Les services de Censier sont également présents au grand complet. Et même le Comité d’Occupation s’est déplacé pour l’occasion.
Pierre Guillaume a la parole :
« Depuis que les usines sont occupées, le problème de la création d’une nouvelle société est posé. Il s’agit d’instaurer une gestion populaire de la production et de faire fonctionner une économie sans marché et sans État. Ce qui n’existe nulle part.
« Si nous ne savons pas très exactement ce que sera le gouvernement futur, nous savons en revanche ce qu’il ne peut pas être. Ce ne sera pas un gouvernement représentatif puisque nous voulons qu’aucun pouvoir ne soit délégué à une minorité, élue ou non. Nous ne le voulons pas parce que nous savons bien que tout pouvoir délégué à une minorité se retourne contre la société sous la forme d’un pouvoir externe. Donc, la gestion populaire n’aura ni président, ni comité central, ni bureaucratie, ni État, ni quoi que ce soit ressemblant à un pouvoir central. Si l’on nous demandait ce qui remplacera L’État, nous devrions répondre : rien. Car le patron et l’État sont des cancers qui empêchent le déroulement normal de la vie. Quand un cancer est enlevé, rien ne le remplace.
« En outre, notre projet de société ne peut être défini par avance dans un programme puisque celui-ci ne pourrait qu’être imposé par en haut, par un parti politique dont nous ne voulons pas non plus.
« Alors ?
« Eh bien ! On peut quand même faire quelques remarques. Par exemple, qu’une fois éliminées les liaisons hiérarchiques et autoritaires, il reste les liaisons essentielles, nécessaires, celles qui sont purement techniques. Les liaisons techniques établies entre producteurs forment le véritable tissu de l’économie. Ce sont elles qui permettent à l’économie de fonctionner dans le cadre d’une véritable gestion populaire, c’est-à-dire en dehors de toute hiérarchie, en dehors de la société marchande.
« Mais alors, vous comprenez que ce système ne peut être géographiquement limité. Encerclé par une économie marchande, il devrait inéluctablement composer avec elle, à l’extérieur. Tout aussi inéluctablement s’ensuivrait à l’intérieur la recréation des rapports sociaux que l’on avait tenté d’éliminer. La révolution gagnée serait alors perdue ou absorbée. La révolution ne peut-être que mondiale.
« C’est pourquoi il ne faut pas se faire trop d’illusions sur l’autogestion. Réaliser l’autogestion dans telle ou telle usine ou même dans un secteur, voire un pays, n’est pas impossible. Il n’y a aucune difficulté technique insurmontable. Le problème est que si une usine, un secteur, un pays, s’autogèrent, sans détruire le capitalisme autour d’eux, les ouvriers ne géreront au fond que leur propre exploitation. Au bout d’un certain temps, les hiérarchies salariales et sociales réapparaîtront. Et toutes les contradictions du capitalisme renaîtront.
« Que faire, alors ? Une chose est certaine : nous devrons partir de ce qui est. Et ce qui est, c’est que l’abondance existe déjà dans le cadre du capitalisme. Si pour certains secteurs de la population la pénurie existe toujours, c’est pour deux raisons essentielles :
« La première est que beaucoup trop de salariés sont astreints à des travaux inutiles et improductifs. Par exemple : les contrôleurs de la R.A.T.P. Si on les supprimait, sans doute le métro pourrait-il être gratuit étant donné l’économie de salaires réalisée. En outre, aux employés libérés de tâches idiotes et dégradantes on pourrait confier des emplois productifs. Comme il y aurait ainsi davantage de producteurs, chacun pourrait travailler moins longtemps.
« La seconde cause de la pénurie est que cette société capitaliste produit et distribue sa production sur la base de la valeur d’échange des marchandises. Dans la nouvelle société, l’arbitrage entre les besoins se fera sur la base de la valeur d’usage des choses. Nous, nous ne gérerons pas des marchandises. Nous ne produirons que des valeurs d’usage et, ainsi, nous ferons éclater la rationalité marchande. »
Cet exposé suscite un débat passionné. » (note 5 « Intervention reconstituée d’après le compte rendu de l’A.G. Du C.A.T.E. Du 21 mai 1968, des notes préparatoires de l’orateur (notes conservées dans les archives de Censier) et des souvenirs personnels de l’orateur et d’auditeurs. ») (pp.158-160 et note p.256)
« Cependant une notable proportion de l’A.G. Approuve la vigoureuse intervention suivante : « Cette discussion est pour le moins anticipée, sinon utopique. » On redoute que les discussion théoriques divisent le mouvement. Et puis, l’exposé de Pierre Guillaume a donné le vertige. » (p 161)
« L’A.G. Avait déjà eu de la peine à cacher sa déception aux propos peu triomphalistes de Pierre Guillaume. Cette fois, c’en est trop. » (p.163)
26 mai « Pierre Guillaume et moi nous rendons au siège de l’U.N.E.F. Notre première surprise est de constater l’état de saleté des locaux qui tranche avec la propreté de Censier. Notre seconde surprise n’en est pas vraiment une. Nous nous doutons bien que les dirigeants du syndicat étudiant n’accepteront pas de revenir sur leur décision puisque la réunion de Charléty n’est que la partie visible d’une vaste opération politicienne. » (pp 209-210. Il s’agissait de faire revenir le syndicat étudiant sur le rassemblement de Charléty, perspective de récupération politicienne du mouvement)
30 mai, après un discours de Baynac sur l’inutilité de la défense de Censier « Mais seul Patrick, du Comité d’Occupation, soutient ce point de vue. L’Assemblée investit alors Pierre Guillaume et deux militants du C.A. Bâtiment de la responsabilité de la défense de Censier. Ce triumvirat envoie aussitôt des guetteurs munis d’émetteurs-récepteurs portatifs surveiller les abords. Ils ont ordre d’attendre la relève. Moins d’une heure après, accablés d’ennui, ils abandonnent leur faction. Personne ne songe à rappeler l’unique vigie fidèle au poste. C’est, comme par hasard, un jeune ouvrier… » (p. 220)
Le même est un autre…
https://abiratoeditions.wordpress.com/tag/americo-nunes/
Extrait de “Debord” par Pierre Guillaume (Nous soulignons en gras)
” C’est donc dans le n . 11 [de la revue l’I.S.], paru en octobre 1967 que figure la brève :
Misères de la librairie Nous avons cru devoir retirer nos publications de la librairie “La Vieille Taupe ” . Son propriétaire avait trop de prétentions révolutionnaires pour être considéré comme un libraire neutre vis-à-vis des écrits qu’il affiche; et trop peu de rigueur dans son activité pour être considéré comme un libraire révolutionnaire (souffrant la présence prolongée et les discours d’imbéciles, et même de pro-chinois).
… que j’ai immédiatement affichée sur la porte et à l’intérieur de la librairie.
J’observe que, si on a “cru devoir”, c’est qu’on n’est pas tout à fait certain d’avoir bien fait; et que la brève suivante commence par les mots: “Chose plus sérieuse”. J’observe ensuite que cette brève ne contient rigoureusement rien que je n’ai dit moi-même, à un moment ou à un autre, à Debord. J’ajoute qu’aucun libraire, en aucune circonstance, même sans les soucis qui m’assaillaient et la lassitude psychologique qu’ils induisaient, n’aurait pu éviter la présence épisodique d’imbéciles. Quant au prétendu pro-chinois qui se trouvait présent lors d’un passage de Viénet, il s’agissait d’Americo…, qui débarquait du Mozambique et découvrait la librairie. Il cessa si bien d’être prochinois qu’il devint un ami, avant de devenir un universitaire alimentaire, ce qui montre une fois de plus que, comme le disait Trotsky, la révolution est une grande dévoreuse d’hommes et de caractères.”
In girum imus nocte et consumimur igni (1978-81) Guy Debord et le deuil de l’engagement
Mémoire soumis dans le cadre des travaux pour le Diplôme d’études approfondies Esthétique et sciences de l’art de l’Université de Lille III sous la direction de Monsieur Noël Burch Pierre-Emmanuel FINZI Berlin octobre 2002 (nous soulignons en gras):
« Socialisme ou Barbarie est un vivier de penseurs dont Jean-François Lyotard est lui aussi membre depuis 1954. Ce dernier signe, de 1955 à 1963, treize articles sur la guerre d’Algérie dans la revue, parfois sous le pseudonyme de François Laborde. Lyotard quitte Socialisme ou Barbarie pour Pouvoir Ouvrier, organisation née en 1964 des dissensions à l’intérieur de Socialisme ou Barbarie et fondée par ses militants les plus attachés aux écrits de Marx et Engels. Il en est un des dirigeants avant de quitter le groupe et le service de la révolution en 1966. Il a, dit-il, “sauvé sa peau.” [Note 102] Ce n’est qu’après la dissolution de Socialisme ou Barbarie en 1966, que Debord établit le contact avec certains adhérents de Pouvoir Ouvrier que Lyotard vient donc de quitter. Pouvoir Ouvrier et Debord soutiennent la librairie La Vieille Taupe, haut-lieu de rencontres et d’échanges de l’extrême-gauche créée en 1963 par Pierre Guillaume, ancien de Socialisme ou Barbarie.[Note 103]
Notes :
102 LYOTARD Jean-François, “Pierre Soury. Le marxisme qui n’a pas fini”, Esprit, janvier 1982.
103 Pierre Guillaume maintient le contact entre Socialisme ou Barbarie en Debord lors du départ de Daniel Blanchard au service militaire à l’automne 1961. Si la librairie de La Vieille Taupe qu’il a fondé en 1963 ferme ses portes en 1972, Guillaume les rouvre en 1978 à l’occasion de l’affaire Faurisson et la transforme en officine du négationnisme français. Il signe ainsi l’un des noires épisodes du glissement révisionniste de l’ultra-gauche française. cf. le numéro 2 de la revue La Banquise, 1983, “Le roman de nos origines. Histoire et petites histoire des quinze dernières années” (http://www.geocities.com/~johngray/index.htm#toc) qui revient sur cet épisode et sur le parcours de Pierre Guillaume, voir aussi le mémoire maîtrise d’Histoire Contemporaine sous la direction d’Annette Becker de PERRONNO David, Le négationnisme dans les milieux d’extrême-gauche, Université de Lille III, 1999). A l’occasion de la sortie des Com[entaires sur la Société du Spectacle], Guillaume présente Debord comme un révisionniste par le sophisme suivant : si Debord n’a jamais parlé de la Shoah, c’est qu’il n’y croit pas. Il publie ainsi des extraits des Comdans ses Annales d’Histoires révisionnistes (“Extraits choisis. Guy Debord”, n°5, été-automne 1988) et unarticle sur Debord dans le premier numéro de sa revue La Vieille Taupe (n°1, 1995). (http://www.abbc/aaargh/fran/archVT/revueVT1/VT1.6.html ) Un aperçu critique de cette tentative de récupération est disponible sur le site de la revue new-yorkaise NotBored : “Comments on Pierre Guillaume’s Debord” http://www.panix.com/~notbored/index/html . Enfin, Charles Champetier, l’un des idéologues de la Nouvelle Droite et ancien rédacteur en chef de la revue Eléments, s’est fait le champion d’un debordo-maurassisme. cf. notamment CHAMPETIER Charles, “Debord est mort … vive Debord !”, Eléments, n°82, mars-avril 1995. »
Le type n’a même pas lu ses sources…

Dernières galeries (certaines effondrées):
http://vieille-taupe.50webs.com/
Cousins :
http://guerredeclasse.fr/2018/09/02/ideologie-et-lutte-de-classes/
D’autres textes sur ce site : http://guerredeclasse.fr/?s=Guillaume
Debord :
https://www.akribeia.fr/histoire-critique/481-la-vieille-taupe-n1-printemps-1995.html
http://www.notbored.org/guillaume.html
http://www.notbored.org/guillaume-comments.html
http://www.homme-moderne.org/societe/philo/debord/guillau.html
http://psychoseblanche.blogspot.com/2019/09/grand-alibi.html
https://collectiflieuxcommuns.fr/?120-socialisme-ou-barbarie-et-l
https://situationnisteblog.com/2014/10/06/la-vieille-taupe-no-1/
Una resolucion :
http://www.autrefutur.net/D-Alger-a-mai-68-mes-annees-de-revolution-de-Francois-Cerutti
? :
https://twitter.com/vieille_taupe
La lucidité libertaire nous illumine :
https://placard.ficedl.info/article3354.html
Se pincer le nez, puis le bras :
https://www.lignes-de-cretes.org/un-salaud-est-mort-reste-a-tuer-sa-memoire/
Bad Gones :
https://agone.org/revueagone/agone34/enligne/18/index.html#bodyftn30
La mort, le 14 février 2020, de Michel Ragon donne lieu dans le Monde du 20 de ce même mois à une nécrologie signée Harry Bellet et dont le paragraphe introductif prévient hardiment “Les critiques d’art qui ne se sentent pas aujourd’hui un peu orphelins sont des ignorants ou des crapules.“
Ragon n’avait pas répondu à notre demande concernant ses liens en 1950 avec les réseaux de soutien à Louis-Ferdinand Céline (ce qu’il laisse entendre dans son ouvrage D’une berge à l’autre) et, dans ce contexte, avec ceux très mêlés participant à la diffusion du Mensonge d’Ulysse de Paul Rassinier. Rappelons qu’il avait, en 1959, fait une référence explicite à ce dernier dans le titre du premier chapitre de son livre L’honorable Japon : Les Mensonges d’Ulysses.
A cette occasion, sa dédicace à Paul Rassinier témoignait encore d’une relation d’estime conservée intacte à cette date.
Voilà des faits que le hardi nécrologue n’a pas jugé bon de faire connaître aux lecteurs du Monde.
Extrait (…)
From the start he had doubted the so-called “Theorem One” of Dr. von Einem; it sounded too much like a cover, this one-way transmission by the technicians of THL’s multitude of retail outlets. Write home from Whale’s Mouth, son, when you get there, he thought acidly; tell your old mom how it is on the colony world with its fresh air, sunshine, all those cute little animals, those wondrous buildings THL robots are constructing… and the report-back, the letter, as electronic signal, had duly arrived. But the beloved son; he could not personally, directly report. Could not return to tell his story, and, as in the ancient story of the lion’s den, all the footprints of guileless creatures led in to the den, yet none led out. It was the fable all over again — with something even more sinister added. That of what appeared more and more to be a thoroughly phony trail of outgoing tracks: the electronic message-units. By someone who is versed in sophisticated hardware, Matson thought; someone is tinkering around, and is there any reason to look beyond the figure of Dr. Sepp von Einem himself, the inventor of the Telpor, plus Neues Einige Deutschland’s very efficient technicians who ran Ferry’s retail machinery?
There was something he did not like about those German technicians who manned the Telpors. So businesslike. As their ancestors must have been, Matson mused. Back in the twentieth century when those ancestors, with the same affectless calm, fed bodies into ovens or living humans into ersatz shower baths which turned out to be Zyklon B hydrogen cyanide gas chambers. And financed by reputable big Third Reich business, by Herr Krupp u. Sohnen. Just as von Einem is financed by Trails of Hoffman, with its vast central offices in Grosser Berlinstadt — the new capital of New Whole Germany, the city in fact from which our distinguished UN Secretary General emanates.
“Get me,” Matson said to Freya, “instead of Scotch and water, the file on Horst Bertold.”
In the other room Freya rang up the autonomic research equipment wired into the walls of the villa… electronic hardware, minned — miniaturized — for the most part, of a data-sorting and receiving nature, plus the file-banks, and —
Certain useful artifacts which did not involve data but which involved high-velocity A-warhead darts that, were the satellite to be attacked by any of the UN’s repertory of offensive weapons, would take up the fight and abolish the missiles before they reached their target.
At his villa on his Brocard ellipse satellite Matson was safe. And, as a precaution, he conducted as much business as possible from this spot; below, in New York City, at Lies Incorporated’s offices, he always felt naked. Felt, in fact, the nearby presence of the UN and Horst Bertold’s legions of “Peace Workers,” those armed, gray-faced men and women who, in the name of Pax Terrae, roamed the world, even into the pathetic moonies, the sad, failure-but-still-extant early “colony” satellites which had come before von Einem’s breakthrough and the discovery by George Hoffman of Fomalhaut IX, now called Whale’s Mouth and now the colony.
Too bad, Matson thought archly, that George Hoffman didn’t discover more planets in more star systems habitable by us, the frail needs of living, sentient, mentating biochemical upright bipeds which we humans are.
Hundreds and hundreds of planets, but —
Instead, temperature which melted thermo-fuses. No air. No soil. No water.
One could hardly say of such worlds — Venus had proved a typical example — that the “living was easy.” The living, in fact, on such worlds was confined to homeostatic domes with their own at, wa, and self-regu temp.
Housing, per dome, perhaps three hundred somatic souls. Rather a small number, considering that as of this year Terra’s population stood at seven billion.
“Here,” Freya said, sliding down to seat herself, legs tucked under her, on the deep-pile wool carpet near Matson. “The file on H.B.” She opened it at random; Lies Incorporated field reps had done a thorough job: many data existed here that, via the UN’s carefully watchdogged info media, never had reached the public, even the so-called “critical” analysts and columnists. They could, by law, criticize to their hearts’ content, the character, habits, abilities and shaving customs of Herr Bertold… except, however, the basic facts were denied them.
Not so, however, to Lies Incorporated — an ironic sobriquet, in view of the absolutely verified nature of the data now before its owner.
It was harsh reading. Even for him.
The year of Horst Bertold’s birth: 1964. Slightly before the Space Age had begun; like Matson Glazer-Holliday, Horst was a remnant of the old world when all that had been glimpsed in the sky were “flying saucers,” a misnomer for a U.S. Air Force antimissile weapon which had, in the brief confrontation of 1992, proved ineffectual. Horst had been born to middle-class Berlin — West Berlin, it had then been called, because, and this was difficult to remember, Germany had in those days been divided — parents: his father had owned a meat market… rather fitting, Matson reflected, in that Horst’s father had been an S.S. officer and former member of an Einsatzgruppe which had murdered thousands of innocent persons of Slavic and Jewish ancestry… although this had not interfered with Johann Bertold’s meat market business in the 1960s and ’70s. And then, in 1982, at the age of eighteen, young Horst himself had entered the spotlight (needless to say, the statute of limitations had run out on his father, who had never been prosecuted by the West German legal apparatus for his crimes of the ’40s, and had, in addition, evaded the commando squads from Israel who, by 1980, had closed up shop, given up the task of tracking down the former mass murderers). Horst, in 1982, had been a leader in the Reinholt Jugend.
Ernst Reinholt, from Hamburg, had headed a party which had striven to unify Germany once more; the deal would be that as a military and economic power she would be neutral between East and West. It had taken ten more years, but in the fracas of 1992 he had obtained from the U.S. and the U.S.S.R. what he wanted: a united, free Germany, called by its present name, and just chuck full of vim and Macht.
And, under Reinholt, Neues Einige Deutschland had played dirty pool from the start. But no one was really surprised; East and West were busy erecting tents where major popcens — population centers such as Chicago and Moscow — had existed, and hoping to god that the Sino-Cuban wing of the C.P. did not, taking advantage of the situation, move in and entrench… .
It had been the secret protocol of Reinholt and his N.W.G. that it would not be neutral after all. On the contrary.
New Whole Germany would take out China.
So this was the unsavory basis on which the Reich had re-obtained unity. Its Waffen technicians had devised, as instructed, weapons which had, in 1997, dealt a terminal punch to People’s China. Matson, examining the folio, very rapidly scanned this part, because the Reich had come up with some show-stoppers, and even the abominable U.S. nerve gas had seemed like a field of daisies in comparison — he did not wish to see any mention of what Krupp u. Sohnen had devised as an answer to China’s thousands of millions who were spilling as far west as the Volga, and toward the U.S., were crossing from Siberia — taken in 1993 — into Alaska. In any case the compact had been agreed on, and even Faust would have blanched at it; now the world had no People’s China but a New Whole Germany to contend with.
And what a quid pro quo that had proved to be. Because, correctly and legally, Neues Einige Deutschland had obtained control of the sole planet-wide and hence Sol system-wide governing structure, the UN. They held it now. And the former member of the Reinholt Jugend, Horst Bertold, was its Secretary General. And had faced squarely, as he had promised when campaigning for election — it had become, by 1995, an elective office — that he would deal with the colonization problem; he would find a Final Solution to the tormented condition that (one) Terra was as overpopulated throughout as Japan had been in 1970 and (two) both the alternate planets of the Sol system and the moonies and the domes et al. had failed wretchedly.
Horst had found, via Dr. von Einem’s Telpor teleportation construct, a habitable planet in a star system too far from Sol to be reached by the quondam drayage enterprise of Maury Applebaum. Whale’s Mouth, and the Telpor mechanisms at Trails of Hoffman’s retail outlets, were the answer.
To all appearances it was duck soup, feathers, scut included. But —
“See?” Matson said to Freya. “Here’s the written transcript of Horst Bertold’s speech before he was elected and before von Einem showed up with the Telpor gadget. The promise was made before teleportation to the Fomalhaut system was technologically possible — in fact, before the existence of Fomalhaut was even known to unmanned elderly relay-monitors.”
“So?”
Matson said grimly, “So our UN Secretary General had a mandate before he had a solution. And to the German mind that means one thing and one thing only. The cat and rat farm solution.” Or, as he now suspected, the dog-food factory solution.
It had been suggested, ironically, in imitation of Swift, by a fiction writer of the 1950s, that the “Negro Question” in the U.S. be solved by the building of giant factories which made Negroes into canned dog food. Satire, of course, like Swift’s A Modest Proposal, that the problem of starvation among the Irish be solved by the eating of the children… Swift himself lamenting, as a final irony, that he had no children of his own to offer to the market for consumption. Grisly. But —
This all pointed to the seriousness — not merely of the problem of overpopulation and insufficient food production — but to the insane, schizoid solutions seriously being considered. The brief World War Three — never officially called that; called instead, a Pacifying Action, just as the Korean War had been a “Police Action” — had taken care of a few millions of people, but — not quite enough. As a solution it had worked to a partial extent; and was, in many influential quarters, viewed exactly as that: as a partial solution. Not as a catastrophe but as a half-answer.
And Horst Bertold had promised the balance of the answer.
Whale’s Mouth was it.
“So in my opinion,” Matson murmured, to himself mostly, “I’ve always been suspicious of Whale’s Mouth. If I hadn’t read Swift and C. Wright Mills and the Herman Kahn Report for Rand Corporation…” He glanced at Freya. “There have,” he said, “always been people who would solve the problem that way.” And I think, he thought, as he listened to the aud tape of the crowd noises, a tape which pretended to consist of a transcript from the launching, at Whale’s Mouth, of the ritualistic, celebration-inspired time capsule back through hyper-space — or in some such ultra high velocity fashion — to Terra, that we have those people and that solution with us again.
We have, in other words, UN Secretary General Horst Bertold and Trails of Hoffman Limited and its economic multi-pseudopodia empire. And dear Dr. Sepp von Einem and his many Telpor outlets, his curiously one-way teleporting machine.
“That land,” Matson murmured, vaguely quoting, lord knew who, what sage of the past, “which all of us must visit one day… that land beyond the grave. But no one had returned to report on’t. And until they do — “
Freya said perceptively, “Until they do, you’re going to stay suspicious. Of the whole Newcolonizedland settlement. Aud and vid signals are not good enough to convince you — because you know how easily they can be faked.” She gestured at the deck running the tape at this very moment.
“A client,” Matson corrected her. “Who on a nonverbal level, what our Reich friends call thinking with the blood, suspects that if he takes his one remaining inter-stellar worthy flagship, the — ” What was it called? “The Navel,” he said. “The Omphalos; that’s what that lofty Greek word means, by the way. Takes the Navel direct to Fomalhaut, that after eighteen years of weary deep-sleep which is not quite sleep, more a hyponagogic, restless tossing and turning at low temp, slowed-down metabolism, he will arrive at Whale’s Mouth, and oddly it will not be beer and skittles. It will not be happy conapt dwellers, smiling children in autonomic schools, tame, exotic, native life forms. But — “
But just what would he find?
If, as he suspected, the aud and vid tracks passing from Whale’s Mouth to Terra via von Einem’s Telpor mechanisms were covers — what really lay beneath?
He simply could not guess, not when forty million people were involved. The dog-food factory? Are, god forbid, those forty million men, women and children dead? Is it a boneyard, with no one there, no one even to extract the gold from their teeth — because now we use stainless steel?
He did not know, but — someone knew. Perhaps entire New Whole Germany, which, having cornered the lion’s share of power in the UN, hence ruled throughout the nine planets of the Sol system; perhaps as a totality it, on a subrational, instinctive level, knew. As, in the 1940s, it had intuited the existence of the gas chambers beyond the cages of twittering birds and those high walls that kept out all sight and sound… and except for that oddly acrid smoke from chimneys all day long —
“They know,” Matson said aloud. Horst Bertold knew, and so did Theodoric Ferry, the owner of THL, and so did doddering but still crafty old Dr. von Einem. And the one hundred and thirty-five million inhabitants of Neues Einige Deutschland, to some degree; not verbally — you couldn’t put an expert psych rep of Lies Incorporated in a small room with a Munich cobbler, run a few routine drug-injections, make the standard quasi-Psionic transcripts, EEGs of his para-psychological reactions, and learn, know, the literal, exact truth (…)
The Unteleported Man est une nouvelle de Philip K. Dick, publiée en 1964 dans Fantastic Stories. Le texte en fut repris dans une version augmentée et modifiée par l’auteur mais incomplète en 1983 chez Gollanz sous le titre Lies Inc. La version la plus aboutie a été finalement publiée en 2003 sous ce même titre.