GIRUM

In girum imus nocte et consumimur igni (1978-81) Guy Debord et le deuil de l’engagement

Mémoire soumis dans le cadre des travaux pour le Diplôme d’études approfondies Esthétique et sciences de l’art de l’Université de Lille III sous la direction de Monsieur Noël Burch Pierre-Emmanuel FINZI Berlin octobre 2002 (nous soulignons en gras):

« Socialisme ou Barbarie est un vivier de penseurs dont Jean-François Lyotard est lui aussi membre depuis 1954. Ce dernier signe, de 1955 à 1963, treize articles sur la guerre d’Algérie dans la revue, parfois sous le pseudonyme de François Laborde. Lyotard quitte Socialisme ou Barbarie pour Pouvoir Ouvrier, organisation née en 1964 des dissensions à l’intérieur de Socialisme ou Barbarie et fondée par ses militants les plus attachés aux écrits de Marx et Engels. Il en est un des dirigeants avant de quitter le groupe et le service de la révolution en 1966. Il a, dit-il, “sauvé sa peau.” [Note 102] Ce n’est qu’après la dissolution de Socialisme ou Barbarie en 1966, que Debord établit le contact avec certains adhérents de Pouvoir Ouvrier que Lyotard vient donc de quitter. Pouvoir Ouvrier et Debord soutiennent la librairie La Vieille Taupe, haut-lieu de rencontres et d’échanges de l’extrême-gauche créée en 1963 par Pierre Guillaume, ancien de Socialisme ou Barbarie.[Note 103]

Notes :

102 LYOTARD Jean-François, “Pierre Soury. Le marxisme qui n’a pas fini”, Esprit, janvier 1982.

103 Pierre Guillaume maintient le contact entre Socialisme ou Barbarie en Debord lors du départ de Daniel Blanchard au service militaire à l’automne 1961. Si la librairie de La Vieille Taupe qu’il a fondé en 1963 ferme ses portes en 1972, Guillaume les rouvre en 1978 à l’occasion de l’affaire Faurisson et la transforme en officine du négationnisme français. Il signe ainsi l’un des noires épisodes du glissement révisionniste de l’ultra-gauche française. cf. le numéro 2 de la revue La Banquise, 1983, “Le roman de nos origines. Histoire et petites histoire des quinze dernières années” (http://www.geocities.com/~johngray/index.htm#toc) qui revient sur cet épisode et sur le parcours de Pierre Guillaume, voir aussi le mémoire maîtrise d’Histoire Contemporaine sous la direction d’Annette Becker de PERRONNO David, Le négationnisme dans les milieux d’extrême-gauche, Université de Lille III, 1999). A l’occasion de la sortie des Com[entaires sur la Société du Spectacle], Guillaume présente Debord comme un révisionniste par le sophisme suivant : si Debord n’a jamais parlé de la Shoah, c’est qu’il n’y croit pas. Il publie ainsi des extraits des Comdans ses Annales d’Histoires révisionnistes (“Extraits choisis. Guy Debord”, n°5, été-automne 1988) et unarticle sur Debord dans le premier numéro de sa revue La Vieille Taupe (n°1, 1995). (http://www.abbc/aaargh/fran/archVT/revueVT1/VT1.6.html ) Un aperçu critique de cette tentative de récupération est disponible sur le site de la revue new-yorkaise NotBored : “Comments on Pierre Guillaume’s Debord” http://www.panix.com/~notbored/index/html . Enfin, Charles Champetier, l’un des idéologues de la Nouvelle Droite et ancien rédacteur en chef de la revue Eléments, s’est fait le champion d’un debordo-maurassisme. cf. notamment CHAMPETIER Charles, “Debord est mort … vive Debord !”, Eléments, n°82, mars-avril 1995. »

Le type n’a même pas lu ses sources…

https://www.larevuedesressources.org/IMG/pdf/in_girum.pdf

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